dimanche 25 janvier 2026

Le Templier de l'ombre tome 2

 Le Templier de l'ombre tome 2 par Mireille Calmel

 

« Oyez, oyez !!! Lecteurs, vous qui espérez apprendre quelque chose sur l’histoire médiévale en lisant le second tome de ce livre, passez votre chemin une nouvelle fois… »

Puisque j’ai lu la deuxième partie du livre de Mireille Calmel, autant en faire le commentaire.

Deux ans après son affreuse aventure qui a changé son existence de façon dramatique, Margaux de Dente revient sur scène. Mariée avec Michel, elle attend leur enfant. Leurs malheurs semblent terminés. Or, il n’en est rien du tout. Sa demeure est incendiée, son mari disparaît, un homme la sauve de du feu et l’entraîne sous les grottes. Là, elle accouche et son sauveur la laisse après lui avoir enlevé son bébé, une petite fille. Dès le départ de l’inconnu, elle donne naissance à sa deuxième fille qu’elle nomme Anne. Dès lors, elle n’a plus qu’une seule idée en tête, retrouver sa fille qu’elle appelle Lucia en souvenir de sa mère. Voilà pour l’intrigue principale qui va bien sûr se compliquer. Et là, le lecteur peut avoir une impression de déjà-vu. Pour commencer, Margaux est toujours la narratrice omnisciente qui dit : « je ». Son ancien ton de quinquagénaire reste. Pourtant, elle est censée avoir moins de vingt ans. Ensuite, elle nous raconte sa quête. Epuisée par son accouchement, ruinée, elle s’en va dans la nature enneigée affronter le froid, la faim, les animaux féroces, les souterrain et les grottes du beau pays Cathare, les ennemis et tous les dangers. C’est donc reparti pour un tour. De plus, Michel son époux a un comportement très étrange. Au lieu de l’aider dans sa quête, il l’entrave. Elle finit par comprendre que l’inconnu qui lui a pris son enfant est le cinquième templier, celui qui était le complice. Et son époux n’est pas innocent. Tout reprend comme dans le tome un, avec la même dynamique. Margaux enquête, cherche des solutions, soupçonne tout le monde, y compris sa tante Camille à qui elle ne fait pas confiance. La situation est de plus en plus confuse.

Le roman traite encore de vengeance reliée au passé des jumelles Dente qui a eu lieu avant le viol et les mutilations faites par leurs quatre bourreaux. Adolescentes, les jeunes filles cathares avaient été envoyées au service d’un seigneur afin de rencontrer des nobles célibataires dans le but de trouver un mari. Cela marche pour Lucia. Camille tombe amoureuse d’un chevalier peu recommandable. Malgré les avertissements de son père qui la met en garde, elle a des relations avec son aimé. Or, un soir, Lucia se rend au château. L’homme la prend pour Camille et s’attend à coucher avec elle. Lucia le repousse et est violée. Pour se venger, elle castre son violeur en lui coupant ses attributs (et les emporte). C’est le début de la féroce haine qui déclenchera tous les malheurs successifs entrevus au tome 1 et qui se poursuivent au tome 2. Le templier de l’ombre a perdu sa virilité et pour se venger, il tue tous les témoins sur son passage. Il enlève Lucia, le bébé de Margaux de Dente. Mieux, il oblige Michel qui est à sa solde de lui remettre son autre fille Anne. Au fur et à mesure, Margaux découvre la vérité. Le templier s’appelle Othon d’Aure et était l’amant de Camille. C’est lui qui a violé Lucia et qui s’est fait castrer. Pourtant, il a une descendance. Michel qui avait été adopté par Roger d’Axat est son fils eu avec Camille. Les jumelles de Margaux sont ses petites-filles. Margaux se lance à la poursuite de l’assassin. Lorsque Michel découvre l’identité de sa mère, il la tue, peut-être de façon accidentelle (mais ce n’est pas clair dans le livre). Il fuit. Margaux poursuivra sa quête.

Le tome se fonde sur une vengeance liée au passé. A la base, l’intrigue pourrait être intéressante. Mais elle est toujours présentée de manière très confuse. L’auteure veut écrire la suite de son thriller historique. Seulement, à force de vouloir créer le suspens, tout reste incompréhensible. Aussi perturbée que le lecteur qui ne sait pas où il va, Margaux essaie de reconstituer le puzzle. Les éléments s’accumulent et ajoutent à la confusion. Il est facile de se perdre. L’essentiel du roman décrit la course poursuite de la jeune mère à travers la nature enneigée, les souterrains, les cavernes et les galeries sous terre de la région. C’est long, très pénible. Le périple au milieu des éléments hostiles, les souffrances physiques et morales de Margaux sont décrites. Pour ça, on les vit avec elle et c’est déplaisant. C’est exactement comme dans le premier tome. Le roman continue à être pessimiste. Malheureusement, les invraisemblances arrivent toujours dans l’ambiance déprimante.

Pour commencer, la première et principale incohérence reste le ton de Margaux qui est celui d’une personne âgée. Le pire est l’histoire de la mutilation du violeur. L’auteure qui ajoute une biographie de références sur la période traitée n’a pas bien relu ses livres de médecine ancienne. Faut-il préciser qu’à l’époque, la survie aux blessures reste aléatoire ? Comment penser qu’un homme qui subit une mutilation terrible puisse survivre ? Lucia tranche les testicules et la verge d’Othon d’Aure après avoir été violée. Elle emporte son trophée. Normalement, le blessé subit une hémorragie. Qui s’occupe de lui ? Que fait-on ? On le cautérise ? On fait des points de suture ? On met des pansements ? Et les risques de septicémie ? La médecine médiévale a déjà beaucoup de mal à guérir les blessés de guerre. Peu survivent en général. Comment cet homme survit-il ? Dans le roman, il y a un miracle, visiblement.

L’auteure ambitionne d’écrire une suite palpitante pour son thriller historique. Mais l’équilibre entre la narration romanesque et l’histoire des templiers ne se réalise toujours pas. Non seulement c’est incomplet, peu clair mais c’est beaucoup trop lourd, encombré de détails inutiles pour faire « plus médiéval ». On a toujours la bibliographie qui suit le roman. Mireille Calmet n’écrit pas une thèse pour devoir citer ses références ou ses citations et justifier de ses affirmations. C’est donc superflu. De plus, le lecteur qui s’intéresse à la période historique peut trouver facilement des ouvrages très bien faits sur la question. Au lieu de la bibliographie, le lecteur aimerait plutôt avoir la fin de l’histoire. Quand s’achève le second tome, de nombreuses questions restent en suspens. Pour commencer, Michel est un personnage mystérieux, euphémisme pour dire qu’il est louche, incompréhensible. Jaloux, aussi peu sympathique de Margaux, il n’a pas confiance en lui et pense toujours que sa femme aime Gabriel, le fils de Théophraste. Ce nouveau personnage non mentionné dans le premier tome sort du chapeau d’un magicien. Il répète l’histoire de Camille, mariée, veuve et amoureuse de Théophraste. Margaux aime Gabriel mais veut rester loyale à Michel qui semble un traître. Le tome 2 n’apporte aucune conclusion. Les dernières pages se terminent avec des incertitudes. Camille morte, les jumelles enlevées, Othon et son fils Michel en fuite, Margaux enragée… La course poursuite continuera dans un troisième tome. Mais ce sera sans moi.

 

 

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