samedi 7 février 2026

Les Sorcières de Hollow Cove : la sorcière de l'ombre

Les Sorcières de Hollow Cove par Kim Richarson

La Sorcière de l’Ombre

Tessa Davenport est une infographiste free-lance. A l’aube de ses trente ans, elle s’est séparée de son copain avocat, cumule les dettes et n’a plus de domicile. La situation la déprime particulièrement. Par conséquent, elle quitte tout pour retourner dans sa ville natale, Hollow Cole. Cet endroit est très particulier car il abrite des êtres surnaturels hybrides. Loups-garous, vampires, fées, Faes, sorcières, tous sangs mêlés vivent en bonne harmonie en province. Peu enthousiaste, Tessa va chez ses trois tantes excentriques Beverly, Dorothy et Ruth. Et là, tout change pour le meilleur. Les tata gâteaux végétariennes gâtent leur nièce au bout du rouleau avec des pâtisseries succulentes. Ce sont des sorcières et elles vivent dans une maison quasi vivante. Elles appartiennent au groupe « Merlin » Réseau d’intelligence par la ligue d’intervention pour le respect de la magie. En bref, elles protègent la ville. Elles voudraient recruter Tessa très réticente car elle pense n’avoir aucun pouvoir. Mais les compétences magiques se travaillent. En plus, Tessa rencontre le policier local, Marcus Durand. Le contact ne passe pas du tout. Par contre, l’attirance entre les deux adversaires qui s’insultent au passage, existe. Tess ne veut pas quitter la ville. Elle s’y fait un ami, le demi-vampire Ronin, séducteur invétéré, coureur de jupons et commère locale. La jeune femme va-t-elle vivre une petite existence tranquille ? Non, bien sûr. Des démons sortis de nulle part attaquent Hollow Cove. Au lieu de faire confiance aux sorcières Davenport, Marcus demande aux Invisibles, une bande de mercenaires du surnaturel d’intervenir. L’intrigue est plus que simple : les monstres attaquent sous les ordres de la méchante Samara, une enchanteresse. Tessa qui expérimente ses pouvoirs finit par sauver sa ville avec l’aide de ses amis et de son ennemi (qu’elle adore détester) le beau Marcus. Petit spoiler, il n’est pas un loup-garou mais un gorille. Quelle virilité selon Tessa ! Voilà pour l’histoire. L’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard. Le schéma est très simple : la fille ordinaire, ruinée quitte tout et se cherche une nouvelle vie dans la ville de son enfance qui est menacée. Elle se découvre des pouvoirs, des amis, des rivaux et avec eux, elle combat les ennemis. Tout est bien qui finit bien. L’intérêt du livre n’est pas l’intrigue. C’est plutôt le récit fait à la première personne par Tessa. Avec humour, elle partage ses pensées, sa vie quotidienne et ses désirs. C’est amusant. Le style d’écriture du livre n’est pas celui des chefs d’œuvres de la littérature. C’est du simple langage parlé. Produit en langage familier, l’ouvrage se lit rapidement. Il est distrayant, sans « prise de tête ». En dehors du bon moment, il est aussi facilement oubliable. A conseiller aux lecteurs qui veulent juste se détendre.

 

lundi 2 février 2026

Brins de magie et village maudit

Brins de magie et village maudit

Jennifer Joffre

Léna Venouge est une jeune magicienne qui fréquente une école de magie. Elle doit passer un stage d’un mois durant ses vacances. Elle est envoyée dans le village fictif de Parduguy, lieu où toutes ses camarades de classe redoutent d’aller. Quelle chance ! La jeune fille va servir d’assistante à Mézélda Tusset, une « dénoueuse ». La jeune femme est chargée de résoudre des petits problèmes magiques. Au fur et à mesure, Léna découvre un petit village caractéristique avec des gens sympathiques. Mais elle se rend compte aussi que la jeune Mézélda n’est pas celle qu’elle prétend. C’est une inconnue qui a pris la place de la véritable « dénoueuse » qui a disparu. Léna est tentée de la dénoncer à son école pour imposture. Mais en même temps, elle voit bien que les villageois et les êtres surnaturels savent très bien que Mézélda n’est pas la véritable dénoueuse qui s’appelle Sophie Tusset. D’ailleurs, ils la préfèrent de loin.

Au début, avant de voir que le livre serait destiné à la jeunesse selon les commentaires sur Internet, je me suis demandé à quel public il pouvait bien s’adresser. Si l’auteure cible des lecteurs âgés de dix à 12 ans, c’est raté. Dans ce cas, le texte est beaucoup trop long et surtout le langage et le vocabulaire incompréhensible pour des collégiens, même pour les très bons lecteurs (dans cette catégorie). En revanche, pour un adulte qui ne se contente pas d’une petite histoire aussi simple, voire simplette, c’est vraiment mièvre, très « gnan-gnan ». Le titre « Brin de magie et village maudit » ne répond à aucune expectative. Il laisse imaginer tout autre chose. L’adulte est forcément déçu car on est loin des malédictions redoutables et la magie n’est pas celle qu’on attend. Ici, on est même plus proche de l’ouvrage de développement personnel que des aventures fantastiques espérées. Pour commencer, l’intrigue comprend très peu d’action et ne suscite pas l’intérêt (surtout pour un lecteur adulte). Pour expliquer ce qui ne va pas, il faut pouvoir raconter un peu l’histoire.

Le livre repose sur l’invention d’une société qui mêle des magiciens, des farfadets nommés « fadets », des trolls et des « insensitifs », c’est-à-dire des humains non dotés de pouvoirs magiques. On ne sait pas où tout ce joli monde vit. Peut-être en France. Peu importe, on admettra qu’on est dans le surnaturel. L’intrigue est simple : une adolescente va faire son stage chez une usurpatrice. On ne sait pas ce qui est arrivé à la maîtresse de stage puisqu’elle a disparu. Au lieu de la chercher, Mézelda Fiboni prend sa place et réussit à se faire adopter par tout le village d’humains sans pouvoirs. Désordonnée, franche, sympathique, elle ne plait pourtant pas à Léna qui au lieu de s’adapter pense surtout comme une mamie rigide. Mézelda ne respecte pas les règles, donc il faut la dénoncer et la punir. Que penseront les autres, c’est-à-dire l’autorité des magiciens, etc. ? Au lieu d’apprécier son séjour Léna pense et juge trop. Pendant plus d’une centaine de pages, on a la description du quotidien de Mézelda. Elle aide Marco qui s’est fait transformer en mamie par des étudiants magiciens, répare la farce d’un fadet qui a rendue blanche la laine de moutons multicolores, sauve Camille le vampire d’une admiratrice qui le harcèle, et tout ça sans jamais user de magie puisqu’elle n’a pas de pouvoir. Léna est toujours à deux doigts de la dénoncer. Mais elle finit par se calmer lorsqu’elle découvre une lettre de sa mère (qui fait partie de l’autorité) qui demande l’indulgence à Magistra Tusset. Léna découvre qu’elle n’a aucun pouvoir et que sa magie vient juste d’une tricherie instaurée par ses parents qui n’osent pas le lui dire. C’est la douche froide. L’adolescente égoïste consent alors à comprendre un peu la situation de Mézelda. Au moment où un troll attaque leur havre de paix pour s’emparer de toute la nature, il y a enfin un peu d’action dans le livre. L’arrivée de Magistra Héron pour une inspection de stage complique les choses. La dame ronde que Léna compare à une théière découvre le pot aux roses : l’imposture de Mézelda, la complicité du village qui l’accepte, des farfadets qui la préfèrent et collaborent avec elle, l’erreur de la véritable Magistra Tusset qui a fait venir le troll d’une autre dimension (et qui y est restée prisonnière). C’est beaucoup pour une fin de roman où tout se précipite. Bien évidemment, tout est bien qui finit bien. Mézelda n’est pas punie, Léna termine son stage, Magistra Tusset comprend son erreur. C’est bien l’issue que l’on attend quand on lit un livre pour les enfants. On peut se poser la question de savoir si tout est mauvais. Non. L’auteure veut faire passer un message de gentillesse, de solidarité, de bienveillance. Pour peu on se croirait dans un manuel pour apprendre à mieux vivre avec les autres. Léna qui est (mine de rien) très intolérante comprend qu’on a besoin des autres et qu’il ne faut pas juger. Malheureusement, le personnage n’est pas attachant malgré les efforts. Pour ma part, je me suis surprise à penser : « Laurent Gounelle (et les autres écrivains comme lui) sors du corps de Jennifer Joffre ! » tellement j’y voyais des conseils et des leçons cachées. Mais quel ennui !

Je ne connaissais pas le « cosy fantasy ». D’ailleurs, je ne savais même pas que ça existait. Ça manquait à ma culture. Si « Brins de magie et village maudit » en est un véritable exemple, maintenant, c’est chose faite : ma lacune est comblée. Je peux remercier l’auteure car grâce à elle, je découvre que je suis peu amatrice de ce sous-genre. Malgré tout, je ne vais pas me montrer trop sévère même si j’ai révélé mon opinion personnelle. Ce livre dont je n’ai pas du tout apprécié la lecture peut plaire à d’autres. Oui, oui, la magie est en soi. Grâce à Mézelda, mézigue l’a enfin compris.

 

vendredi 30 janvier 2026

Le Grimoire perdu des sorcières

Le Grimoire perdu des sorcières

Morgan Ryan

Au début, j’étais un peu perplexe quand j’ai découvert que le roman se situait durant la Seconde Guerre mondiale. Des sorcières anglaises en train d’affronter des sorcières allemandes, d’accord… Il fallait le faire comme absurdité. La première chose à laquelle j’ai pensé, c’est que c’était donner beaucoup trop de pouvoir à Adolf Hitler, vu que nos arrière-grands-parents ont eu besoin de sorcellerie et de magie pour pouvoir le vaincre ! Heureusement que les sorcières ont sauvé le monde de la tyrannie nazie ! Cependant, si on accepte de laisser de côté les faits réels du passé et si on joue le jeu, le livre se lit assez facilement. Il est plaisant. Lydia Polk est une jeune sorcière âgée de 17 ans. Elle travaille à l’Académie des sorcières de Londres dirigée par la grande prêtresse nommée Isadora. Cette dernière veut combattre les nazis. Mais toutes les sorcières ne sont pas d’accord pour s’impliquer dans le conflit. D’ailleurs, elles rejettent l’idée. Elles refusent d’aller récupérer le « Grimorium Belli » très convoité par les sorcières allemandes. Les choses se précipitent avec l’assassinat d’Isadora à l’Académie. Ursula, la sorcière nazie est la meurtrière. En plus, elle a tué Kitty, la meilleure amie de Lydia. Dès lors, les événements s’enchaînent.

Lydia souhaite venger Isadora et Kitty. Elle découvre un trou dans le bouclier de protection de l’école. Quelqu’un de l’intérieur a donc fait entrer Ursula. Lydia soupçonne la doyenne de sorcières, Vivian, qu’elle déteste. Elle préfère Sybil, une gentille sorcière âgée qui désigne Lydia comme la prochaine grande prêtresse. Qui va assurer l’intérim en attendant ? Sybil le fera, d’autant plus que Lydia se sauve en France pour aller récupérer le grimoire maudit avant les sorcières nazies. Si celles-ci mettent la main sur le livre et l’utilisent lors d’une prochaine lune durant un sabbat, ce sera la fin du monde libre. Hitler dominera tous les pays. Alors, Lydia se dévoue. Avec l’aide de Rebecca, une jeune résistante, elle traverse la France en voiture pour se rendre dans un château de Dordogne où sont stockées des œuvres d’art dont le fameux grimoire. Or, le jeune et beau conservateur Herny Boudreaux en a déjà été dépouillé. Malgré ses réticences, il aide Lydia. Les aventures commencent. La gestapo, les sorcières nazies, les résistants et les collabos sont autant d’obstacles sur la course au livre. Lydia finit par le récupérer et se lie à lui par un sort. Sorcière et grimoire ne font qu’un. Elle veut pourtant détruire ce livre. A un certain moment, la sorcière nazie en chef finit par enlever Lydia et Evelyn (la mère de la sorcière). Avec l’aide d’Henry qui vient de la Nouvelle-Orléans et qui connaît tout sur le vaudou, surtout comment communiquer avec les défunts, elle finit par battre les nazies, détruire le livre, tuer Ursula, traduire devant la justice des sorcières la traîtresse Sybil. Bien sûr les fantômes de toutes les sorcières la soutiennent grâce à Henry dont elle est amoureuse. De retour en Angleterre, Lydia devient la grande prêtresse. Les affaires reprennent !

Tout est bien qui finit bien. Le lecteur ne devra pas chercher ici une vérité historique. Il se contentera du côté récréatif de la lecture. Il est évident que ce ne sont pas les sorcières qui ont sauvé notre monde. Le croire serait absurde. Le seul point de réalité, c’est l’intérêt qu’Hitler apportait aux sciences occultes. Il a bien essayé de faire découvrir les secrets de l’ésotérisme à une équipe de scientifiques nazis. Heureusement, leurs recherches ont échoué parce que le surnaturel, la sorcellerie (à part les herbes médicinales parfois efficaces), ça ne marche pas. Le monde l’a échappé belle. Pour résumer, si on admet l’invraisemblance due au genre de la fantasy, le roman se lit vite, est sympathique. Les personnages sont attachants et il y a même l’ébauche d’une love story. A part ça, il ne faut pas prendre pour argent comptant l’histoire avec un grand « H ».

 

Cours complet de chiromancie

Les Sorcières de Hollow Cove : la sorcière de l'ombre

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