Après
m’avoir prêté la série de la « Femme de chambre », la
« Psy », une amie m’a proposé la « Prof ». Et en bonne
curieuse, j’ai lu le livre d’une traite car souvent, les gens détestent les
enseignants. Alors, c’était très tentant de lire ce que l’auteure proposait
cette fois-ci. Préparons-nous à plonger dans le monde de l’enseignement
américain. Les lycées nous sont un peu trop familiers à cause des films. On y
retrouve l’héroïne un peu paumée et nouvelle, la fille antipathique, le sportif
trop beau, la bonne copine… enfin tous les personnages habituels de service.
Ici, on a la méchante prof de maths et son époux, le gentil prof de
littérature. Et il y a Madison, l’adolescente déjà impliquée dans un scandale
lors de l’année scolaire précédente. Son prof de maths de l’époque lui donnait
des cours particuliers et ça s’est mal terminé. Pour l’adulte, c’est une
dénonciation suivie d’un licenciement et pour la lycéenne qui aurait dénoncé
son amant, c’est une mise à l’index par tous ses camarades. Madison est une
fille à problèmes qui adore la poésie et qui veut en écrire. Et ça tombe bien,
le prof de littérature veut devenir son pygmalion. Mais ça va se passer mal…
Voilà pour le résumé de l’histoire. Pour tout vous dire, j’ai passé un bon
moment en lisant ce livre comique. Il y a tellement d’invraisemblances ridicules
que j’en ai bien ri. Si vous voulez vous amuser, n’hésitez pas.
Il
faut dire qu’il y a pas mal d’incohérences dans ce livre. L’auteure fait porter
les soupçons sur tous ses personnages. Qui va tuer qui ? Pour commencer,
on a Madison, la lycéenne quelconque qui passe pour la briseuse de couple. La
prof de maths et le prof de littérature sont mariés mais ils ne semblent plus
vraiment s’aimer. La prof a une passion maladive pour les chaussures à talons
hauts. Elle adore les escarpins des plus grandes marques et s’en achète de
façon impulsive. L’auteure précise qu’elle est petite et qu’elle chausse du 40.
J’ose espérer qu’il s’agit d’une erreur de traduction car une femme d’un mètre
cinquante avec une taille aussi grande, c’est caricatural. On ne verrait que
ses pieds. Exemple, moi, mes chaussures sont en 40 mais je mesure bien trente
centimètres de plus et j’ai déjà des grands pieds visibles. Que dire d’une
petite dame perchée sur ses hauts talons ? Passons sur ce détail. Le mari
de la prof lui reproche sa collection de chaussures. Lui se laisse séduire par
la méchante lycéenne qui est dans la classe de la méchante prof qui n’a pas de
compassion pour elle. Le lecteur croit à chaque instant que Madison va tuer la
prof pour vivre avec le mari. Puis, il imagine que c’est la vilaine prof qui va
éliminer Madison sa rivale. L’adolescente cumule aussi le harcèlement. La fille
la plus populaire de l’établissement lui cherche des noises. Même son ami d’enfance
la délaisse et n’est plus solidaire avec elle. C’est cliché tout ça. Enfin,
pour être brève, le prof de littérature tombe sous le charme de l’adolescente
insignifiante. C’est le détournement de mineure. De l’autre côté, la prof
délaissée succombe aux avances d’un beau vendeur de chaussures qui lui offre de
temps à autres une paire de groles. Chaque semaine, elle le retrouve dans
l’arrière-boutique du magasin. Il faut lire plusieurs chapitres pour savoir qui
est la victime. C’est la prof. Madison l’a tuée accidentellement. Enfin, c’est
ce qu’elle croit. Mais elle l’a seulement assommée pendant une dispute. C’est
le prof de maths qui en profite pour tuer sa femme. Qui va se débarrasser du
corps pour lui ? C’est Madison qui se croit coupable. Il lui donne l’ordre
d’aller l’enterrer dans une forêt, puis abandonne sa copine avec le cadavre.
Paniquée, la fille demande l’aide à son ami d’enfance. Il vient la chercher.
Pendant ce temps, la prof enterrée dans un champ de citrouilles sort de son
trou mal bouché. Sérieusement ? Blessée, gelée, elle ressuscite. Nous
sommes où, là ? Dans un dessin animé ou dans un film de série B où le
méchant même frappé avec violence ne meurt jamais du premier coup ? La
prof se lève et rentre chez elle pour aller jouer les fantômes. Elle veut se
venger de son mari à qui elle tend un piège. Elle finira par le tuer. De toute
façon, l’homme était une ordure car il séduisait les filles en leur faisant
croire qu’il était amoureux, leur offrait un poème et après avoir couché avec
elles les laissait tomber. Le prof de littérature n’en était pas à son premier
coup. Il avait séduit sa femme au lycée alors qu’il n’était qu’un jeune
enseignant et l’avait épousée. Dans l’établissement où il enseigne, il couche
avec la fille populaire, puis avec Madison. Toutes ont eu droit au même poème
soi-disant exclusif juste écrit pour elles. Le vil séducteur est mis hors
d’état de nuire. Pour terminer, la prof renonce à son amant qui n’est autre que
le fameux Jay, l’ami d’enfance de Madison qui sait tout. Et là, c’est
l’invraisemblable. Comment la prof fait-elle pour ne pas reconnaître l’un des
élèves ? Elle ne fait pas le rapprochement ? Le vendeur de chaussures
son amant est le sportif populaire du lycée. Elle le croise tous les jours,
non ? Et elle ne l’identifie pas ? Permettez-moi la remarque, mais
c’est n’importe quoi. L’auteur nous fait penser que Jay est un trentenaire. La
prof qui couche avec lui devrait avoir l’habitude de différencier un jeune de
16 ans et un homme qui a le double de cet âge. Enfin, c’est à dormir debout.
Moi, ça m’a fait vraiment rire tellement c’est tiré par les cheveux. Ici, ce
n’est pas l’amour qui aveugle la prof. C’est la passion pour les chaussures.
